CFDT Union Départementale de l'Essonne

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Tag - budget

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mercredi 14 décembre 2011

François Chérèque : "Il y a une forme de poujadisme vis-à-vis du syndicalisme"

Interview du 13/12/2011, Le Monde

Pour le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, la "résorption de la dette est une priorité budgétaire".


La Cour des comptes dénonce "les dysfonctionnements" du comité d'entreprise de la RATP et le thème de "l'argent caché des syndicats" resurgit. L'air du temps est-il antisyndical ?

Devant la commission d'enquête parlementaire sur le financement des organisations syndicales et patronales, j'ai proposé une démarche de certification des comptes des comités d'entreprise, comme pour les syndicats. Il n'y a pas de raison que ces structures ne soient pas transparentes, contrôlées et mis à la disposition des personnels des entreprises.

Cela permettra aux salariés de voter en connaissance de cause et d'éviter d'éventuels abus.

A chaque fois qu'il y a une utilisation illégale des moyens du comité d'entreprise par des élus syndicaux, la justice doit sanctionner. Si des élus de la CFDT se livrent à de tels abus, il y aura exclusion immédiate et dépôt de plainte.

Depuis que je suis syndicaliste, je n'ai jamais vu un vent d'antisyndicalisme aussi fort. Une partie de la droite et une fraction du patronat n'ont jamais accepté le fait syndical. Quand le groupe UMP [de l'Assemblée nationale], alors dirigé par Jean-François Copé, a refusé des élections de représentativité dans les très petites entreprises, il a avancé un argument spécieux : le syndicalisme est un marqueur politique.

Un palier supplémentaire a été franchi avec le dossier du Figaro Magazine [du 3 décembre] sur "l'argent caché des syndicats", qui rapporte de façon malveillante le rapport de la commission parlementaire sur le financement des syndicats. Rapport qui n'a pas été voté et dont la publication est donc interdite. Nous allons porter plainte contre les personnes qui l'ont diffusé.

L'antisyndicalisme n'est pas vraiment nouveau…

On va jusqu'à attaquer personnellement le secrétaire général de la CGT, sa femme et sa famille. C'est très grave. Il y a une forme de poujadisme vis-à-vis du syndicalisme qui est dramatique. J'entends dans les discours que le chômage, c'est la faute des immigrés trop nombreux, les déficits sociaux, c'est la faute des assistés fainéants et les problèmes des entreprises, c'est la faute des syndicats corrompus. Cela pue le Front national !

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mardi 29 novembre 2011

Mobilisation du 13 décembre

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mardi 6 octobre 2009

Un budget injuste socialement et fiscalement

Alors que la crise met au grand jour de graves problèmes d’inégalité dans notre pays, il est regrettable que le gouvernement ne saisisse pas ce projet de budget présenté en Conseil des ministres pour rétablir une dose de justice fiscale en matière de prélèvements.

Au contraire, ce projet de budget continue de placer les différents types de revenus en situation d’inégalité devant l’impôt. En effet, bien que le Premier ministre assure qu’aucun revenu – du travail, de remplacement ou bien du capital – ne doit échapper à l’impôt et aux contributions sociales, force est de constater que, si les revenus des dividendes bénéficient d’un abattement de 40 %, ceux du travail n’ouvrent droit qu’à 10 % d’abattement. Dans ces conditions, mieux vaut être rentier et vivre de ses dividendes que de se lever tôt pour vivre de son travail…

Par ailleurs, les entreprises bénéficieront de 6 Md€ d’exonérations de charges du fait de la réforme de la taxe professionnelle, qui interviendra sans contrepartie pour les entreprises. Cela laisse présager des mesures difficiles pour les salariés, pour les contribuables, et plutôt des cadeaux aux entreprises. D’autant plus que, sous l’effet des réductions de la progressivité de l’impôt au profit des prélèvements proportionnels, toutes ces exonérations de charges sont financées par les salariés de classes moyennes.

De même, si la CFDT se félicite de la mise en place de la taxe carbone dès ce budget 2010, sa compensation de façon uniforme soulève de vraies questions d’équité fiscale, notamment en l’absence de remise en cause du bouclier fiscal.

De plus avec un déficit prévu de 110 Md€, après un dérapage à 140 Md€ cette année, on ne peut que regretter le manque d’ambition de ce budget dont il est difficile d’appréhender la répartition entre le fonctionnement ( notamment les mesures pour amortir les conséquences de la crise ) et l’investissement, qui doit permettre la relance en misant sur des secteurs d’avenir. Sans compter qu’il est difficile aujourd’hui de voir le lien avec le grand emprunt, pourtant annoncé comme levier de l’aide à l'investissement.

Enfin, si l’on peut se réjouir que le Fiso soit confirmé avec un budget de 1,4 Md€, ce projet de budget manque singulièrement de colonne vertébrale et fait plutôt penser à une succession de mesures, souvent injustes tant fiscalement que socialement, qu’à un tout cohérent. Le maintien de la suppression de 33 000 postes de fonctionnaires en est un exemple symptômatique qui renforce l’impression que l’État n’est géré qu’en vertu de règles strictement comptables au détriment de débats de fond.

Gaby Bonnand, secrétaire national