Notre histoire
21 mars 1884 : Légalisation des syndicatsLa loi dite
Waldeck-Rousseau autorise la libre création
de syndicats, qui peuvent se grouper en unions, fédérations et
confédérations. Cette loi abolit la loi Le Chapelier qui interdisait toute
forme d’organisation dans le monde du travail.
Des syndicats vont alors voir le jour, le plus souvent sous l’impulsion du clergé. Ils regroupent tout d’abord
des patrons et ouvriers dans une volonté de solidarité entre les classes.
Novembre 1919 : Naissance de la CFTCEn novembre 1919
la Confédération Française des Travailleurs
Chrétiens (CFTC)voit le jour. De 125
000 adhérents à l’origine, majoritairement des employés, elle
regroupe au fil des ans des ouvriers et fonctionnaires.
Avec la CFTC s’élève une nouvelle voix contre le monopole de la Confédération
Générale du Travail (CGT) créée en 1895. S’inspirant de la doctrine sociale de
l’Eglise, la CFTC s’organise sur des bases de solidarité et de défense des intérêts des travailleurs contre le
libéralisme économique, qui engendre la pauvreté. Le clergé en est en fait
totalement écarté.
1938 : La CFTC reconnueElle devient interlocutrice privilégiée dans certaines branches
professionnelles (assurances, grands magasins). Puis elle entre en résistance,
le syndicalisme ayant été interdit par le régime de Vichy.
1945 : La CFTC membre de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM)En
septembre 1945, après la Seconde Guerre mondiale, la CFTC participe à la
création de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) en tant que représentante de
laConfédération Internationale des Syndicats
Chrétiens (CISC).
1946-1947 : La CFTC affirme son indépendance politique et
religieuseElle refuse le cumul des
mandats politiques et syndicaux et remplace dans ses statuts la
référence à l'Eglise par celle des « principes de la morale sociale chrétienne
».
1947-1959 : La CFTC appelle à la grèveDurant cette période la CFTC
déclenche ou participe à différents mouvements de grève pour défendre les droits des
salariés en matière de nationalisations, d’accords sur les salaires, de conventions collectives, de sécurité
sociale.
1959-1961 : La CFTC solidaire de l’AlgérieDès 1955, lorsque l’état
d’urgence en Algérie est voté, la CFTC affirme son soutien au peuple algérien.
En juin 1959, la CFTC rappelle le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. A
partir de 1960, elle noue des liens avec
l’Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA) afin de
l’assister dans son combat pour l’indépendance.
1964 : La CFTC devient CFDTL’évolution vers un syndicalisme laïc se
concrétise : la CFTC devient la Confédération
Française Démocratique du Travail (CFDT). Cette décision prise le 6
novembre a été massivement adoptée, avec 70,11% des mandats. L’actuelle CFTC
est issue de la minorité ayant refusé ce résultat démocratique.
Dès le 6 mai, la CFDT soutient la grève étudiante, comparant son combat pour la démocratie à celui des salariés en entreprise. Dans cette optique elle revendique ledroit des salariés à être représentés syndicalement au sein même de leur entreprise, lieu oú le mouvement syndical n’a pas légalement sa place à l’époque.
A l’issue de ces combats, la CFDT obtient la reconnaissance du syndicalisme d’entreprise lors des négociations de Grenelle. Une conquête fondamentale puisqu’elle est à l’origine de la création des sections syndicales d’entreprises.
1970-1973 : La construction des fondements de l’autogestionDès 1970, la CFDT dessine les fondements de l’autogestion en entreprise : la gestion et l’organisation de l’entreprise doivent revenir aux travailleurs afin qu’ils puissentintervenir sur leurs conditions de travail. Ce principe devient l’identité même de la CFDT.
En 1973, les salariés de l’entreprise Lip (fabrication de montres) à Besançon reprennent la gestion de leur entreprise. Ce conflit, animé par la CFDT, devient l’emblème de l’autogestion.
1974 : la CFDT entre dans la Confédération Européenne des Syndicats (CES)Soucieuse de participer efficacement à la consolidation de la paix, par la suppression des antagonismes nationaux et des causes de guerre, la CFTC s’est prononcée dès les années 50 pour la réalisation d’une Europe unie. Il fallait aussi que se mette en place un outil pour une action syndicale au niveau européen. Ce sera la Confédération Européenne des Syndicats créée en 1973.
1979 : Le recentrageLa CFDT défend son autonomie d’action et de décision, quel que soit le
type de rapports qu’elle établit avec les forces en présence, politiques ou
syndicales. Elle se concentre sur sa mission d’organisation syndicale pour
mieux faire face aux mutations de la société : mondialisation, modification de
l’appareil productif, restructurations et forte progression du
chômage.
1981-1982 : La CFDT imprime sa marque au pouvoirEn 1981, la CFDT a
appelé à voter socialiste à l’élection présidentielle de mai. Ce sera la
dernière consigne de vote qu’elle donnera, affirmant ainsi
son indépendance
politique.
À l’arrivée au pouvoir de la gauche en mai 1981, la CFDT fait part de
sesrevendications prioritaires au
nouveau gouvernement : réduction de la durée
du temps de travail, lutte contre les inégalités de salaires, accroissement
du pouvoir des syndicats et des
salariés dans les entreprises.
Les lois Auroux de 1982
s’inspirent de ses propositions. Elles représentent desavancées significatives pour la défense des droits des salariés
et ont fortement modifié le droit du travail :
- Interdiction de toute
discrimination
- Obligation de négocier des accords
collectifs dans l’entreprise sur les salaires, sur la durée et
l’organisation du travail, sur l’égalité hommes – femmes
- Développement des institutions
représentatives du personnel, création d'undroit d’expression des salariés sur les conditions
de travail.
- Création du comité d’hygiène, de
sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et du droit de
retrait du salarié en cas de situation de danger grave et imminent
Au cours des années 80, la CFDT s’implique fortement dans
les combats pour la démocratie à travers le
monde. Dès le début de la décennie, elle apporte un soutien de tous
les instants à Solidarnosc,
fédération de syndicats polonais opposé au régime totalitaire en place. A
travers ses différentes actions, elle participe activement à la structuration
de syndicats libres derrière le
rideau de fer qui accompagneront le grand mouvement de libération des pays de l’Est.
C’est également ce souci de lutte pour les libertés qui avait poussé la CFDT au
cours des deux décennies précédentes à instaurer des accords avec des
organisations syndicales de pays en voie de développement comme l’UGTA, la COB
de Bolivie ou la CUT
du Brésil, ou encore à organiser des
actions de solidarité envers les travailleurs et syndicalistes réprimés ou
emprisonnés pour leurs idées au Chili et en Afrique du Sud.
1992-2002 : Les grandes réformesEn 1992 Nicole Notat devient secrétaire générale. La
CFDT souligne l’indispensable régulation de l’économie de marché : dans une
optique de mondialisation structurée et
solidaire son syndicalisme confédéré doit privilégier la
négociation pour dessiner les contours d'un nouveau contrat social fondé sur
l'emploi et la lutte contre l'exclusion. L’un des axes de sa stratégie concerne
la réduction du temps de travail
négociée.
En 1995, la CFDT s’implique dans la défense de la Sécurité Sociale. Elle soutient la réforme Juppé qui
maintient la logique de système
solidaire.
En 1997 la question de la réduction du temps
de travail est débattue. La CFDT engage des négociations avec le
gouvernement Jospin pour que les 35 heures soient synonymes
de création de nouveaux
emplois.
2003-2006 : De Nicole Notat à François ChérèquePlein emploi,
protection sociale, fonctions publiques et développement
syndical… Le rapport d’activité du 45e
congrès de la CFDT est adopté par la plus large majorité de toute
l’histoire de la CFDT. C’est à ce congrès que François Chérèquesuccède à Nicole Notat et prend la
tête de l’organisation.
En 2003, la CFDT participe à
la concertation sur les
retraites et obtient le dispositif « carrières longues ». Cet accord a permis à
600 000 salariés qui ont commencé à travailler tôt de partir à la retraite
avant 60 ans.
En 2006, la CFDT s’oppose vivement
au « Contrat première embauche
» (CPE) soumis par le gouvernement de Villepin. Pour elle c’est
une réponse inadaptée à une vraie question, celle de l’insertion des jeunes. Son implication dans le mouvement
national contre le CPE, sa mobilisation pour inciter les Français à défiler
dans les rues ont été des éléments majeurs qui ont fait reculer le pouvoir exécutif et retirer le
projet.
2008-2010 : Sécuriser les parcours professionnelsPlus de flexibilité,
plus de mobilité, multiplication des contrats de travail et carrières, les
salariés sont confrontés à un marché du travail en mutation qui fragilise leurs
droits. La CFDT s’engage dans un combat pour la sécurisation des parcours
professionnels. En 2008 elle obtient de nouvelles garanties au travers de
l’accord Modernisation du marché du
travail : certains droits comme le droit à la mutuelle
d’entreprise ou à la formation deviennent transférables après un
licenciement.
Cet accord permet également à la CFDT d’amorcer des négociations sur
la Gestion prévisionnelle des emplois et des
compétences (GPEC) et sur l’assurance chômage.
Le 9 avril 2008 la CFDT signe une déclaration commune relative à la
représentativité syndicale, avec la CGT, le Medef et la CGPME. Cette
déclaration, traduite dans une loi le 20 aoüt 2008, est une véritable
révolution dans le monde syndical. Depuis 1966 la représentativité des
syndicats en France était gravée dans le marbre d’un décret qui énumérait les 5
syndicats estimés représentatifs des salariés, dont la CFDT faisait partie.
Dans les années à venir elle reposera sur le vote des salariés dans les
entreprises. En d’autres termes les syndicats
représentatifs au plan national seront ceux que les salariés auront
choisis en fonction de leur efficacité. Ce qui pour la CFDT est
une vraie avancée démocratique.
En 2009 la CFDT signe l’accord
sur l’assurance chômage. Objectif, garantir plus de droits aux salariés,
notamment les salariés précaires, les plus durement touchés par la crise. Ainsi
la convention est fortement simplifiée et les droits étendus : une même règle pour tous,
élargissement du nombre de bénéficiaires avec l’abaissement du seuil d’entrée
et de droit à l’indemnisation, maintien du droit à l’indemnisation des
saisonniers.
Face à la crise économique et sociale qui s’est déclarée en septembre 2009, la
CFDT s’est fortement mobilisée aux côtés des salariés victimes des plans
sociaux et des licenciements économiques. Elle a pesé de tout son poids afin
que des mesures soient mises en place pour améliorer le sort des salariés
: augmentation de la rémunération du chômage
partiel, création d’un fonds destiné à former les salariés au
lieu de les licencier, indemnité de
crise pour les chômeurs en fin de droits.
Au-delà de ces mesures, critiquant le capitalisme de court terme qui privilégie
les actionnaires au détriment de l’emploi, elle insiste pour
une nouvelle responsabilité sociale des
entreprises, avec une participation accrue des représentants des
salariés dans les lieux de décision stratégiques des entreprises. La lutte
contre les inégalités dans la réforme des retraites, l’amélioration des
conditions de travail pour faire reculer le stress et la pénibilité,
l’insertion des jeunes et le maintien des seniors dans l’emploi sont parmi ses
priorités.
Les Secrétaires généraux à travers l’histoire de la CFDT
1964–1971 : Eugène Descamps,
Secrétaire général
1967-1970 : André Jeanson,
Président
1971-1973 : Laurent Lucas,
Président
1971– 1988 : Edmond Maire,
Secrétaire général
1988-1992 : Jean Kaspar, Secrétaire
général
1992-2002 : Nicole Notat, Secrétaire
générale
Depuis 2002 : François Chérèque,
Secrétaire général.
- Edmond MAIRE, L'Esprit libre, Paris, Le Seuil, 1999, 252p.
- ou Edmond MAIRE, Nouvelles frontières pour le syndicalisme, Paris, Syros, 1987, 201p.
- Nicole NOTAT, HAMON Hervé, Je voudrais vous dire, Paris, Points-Le Seuil, 1997, 215p.
- François CHEREQUE, Carole BARJON, Si on me cherche, Paris, Albin Michel, 2008
Publié le vendredi 28 octobre 2011 par CFDT91


