Cette prime scindée en deux compartiments : fonction et résultat (mérite), est destinée à remplacer tout le dispositif indemnitaire existant.
La partie Fonction pourrait présenter un intérêt. Elle permettrait de distinguer dans un même grade différents niveaux de responsabilité, de sujétion ou d’expertise non pris en compte dans les missions du corps ou cadre d’emplois.
Par contre, la classification des postes (le pesage) qui serait exercée au niveau de chaque ministère est en contradiction complète avec la recherche de l’amélioration de la mobilité des agents.
De plus elle pourrait conduire à ce que des agents d’un même grade issus de ministères différents mais travaillant ensemble dans le cadre par exemple des futures plateformes régionales programmées par la RGPP, pourraient avoir des coefficients différents alors que sur un même poste. C’est pour nous le risque de construire des usines à gaz dont on sait par expérience ce qu’elles peuvent produire : des explosions.
Pire encore, la partie « mérite » en lien direct avec l’évaluation professionnelle, détruira complètement la logique de celle-ci, la transformant en procédure de sanction et non d’analyse et d’échange pour améliorer les conditions d’exercice des missions des agents.
Enfin, la personnalisation marquée de la rémunération indemnitaire va impacter lourdement les collectifs de travail. Ce dispositif se fera à budget constant, c’est donc que ce que l’on donnera à Paul aura été enlevé à Pierre. Bonjour l’ambiance !
Si l’on rajoute à cela que ce gouvernement dans le cadre des négociations sur la catégorie B nous propose pour l’instant une revalorisation conduisant au global à gagner moins sur l’ensemble de la carrière, on aura compris que faute de se donner les moyens d’une vraie politique de revalorisation des rémunérations, il ne lui reste qu’à investir sur la communication plutôt que sur le dialogue social.
Mais le gouvernement devrait se méfier. Les salariés ne sont pas plus idiots que leurs représentants. Ils comprendront vite qu’au-delà du discours, leurs fiches de paie restent au point mort et que s’ils connaissent le travailler plus ils attendent surtout aujourd’hui le gagner plus et le travailler mieux. C'est mal parti.
Jean Claude LENAY
Secrétaire National
Paris le 5 décembre 2008