Actualités Communiqués — 16 décembre 2015

Communiqué de la CFDT, Union Départementale de l’Essonne

1. L’histoire retiendra des mesures prises par le ministre de la Défense, mardi dernier, concernant l’École polytechnique et, avec elle, par ricochet, l’Université de Paris-Saclay, qu’une erreur stratégique et historique a été faite en privilégiant les intérêts particuliers, les conservatismes, le court terme et une vision passéiste de l’enseignement supérieur, plutôt que l’intérêt général, la recherche scientifique telle qu’elle se fait aujourd’hui
dans le monde, et le développement économique et territorial de long terme.

2. C’est d’abord l’X faisant cavalier seul, qui veut préserver son concours au détriment de l’intérêt général, à savoir de la constitution d’un pôle scientifique mondial.
Or il faut être pragmatique : Polytechnique se situe entre le 301ème et le 400ème rang au classement de Shanghaï, tandis que l’Université de Paris-Sud est dans les 50 premiers.
En termes de visibilité scientifique, la stratégie de l’X mène à l’échec. C’est donc de l’argent (public) jeté par les fenêtres dans un contexte où les financements pour l’enseignement supérieur et la recherche son rares, et ce afin de sauver une idée de l’excellence qui est avant tout une idée de la sélection – aux frais de l’État et de la communauté puisque l’X ne paie pas les classes préparatoires qui assurent la plus grande part de la formation de premier cycle de ses ingénieurs -.
D’autant que, dans ce que le projet de la Défense propose, les doublons avec Saclay – chaires, internat de premier cycle – vont être nombreux.

3. Le projet de construction d’un pôle de compétitivité mondial dans le sud de Paris ne se fera pas autour de l’alliance avec l’X de grandes écoles d’ingénieurs.
Organisée autour d’une logique du passé, cette dernière cherche à perpétuer les objectifs historiques de l’X, ou encore des Mines ou des Ponts : fournir à l’État ses hauts fonctionnaires et aux grandes entreprises leurs cadres.
Or, un territoire innovant et entreprenant suppose une vision partagée, tant par la communauté académique que par la population du territoire.
Pour que Saclay soit viable comme projet de développement, il faut donc mettre en place des liens entre les établissements et le territoire essonnien, pour faire émerger un tissu économique et social solide.
Cela repose sur un grand effort de formation et d’ouverture à tous les Essonniens du monde académique.
Seule l’UPSAY avec Saclay est en capacité de le faire.
Le projet de la Défense rate donc un objectif majeur de moyen terme en privilégiant un court terme illusoire qui méconnaît les logiques du développement économique.

4. On paie ici des lenteurs à Saclay, en particulier sur les questions du fonctionnement et de la démocratie.
La mise en place d’une communauté académique et démocratique capable de prendre des décisions aurait dû être une priorité, et on l’a noyée dans un enchevêtrement d’institutions – lié du reste au fait que certains membres, dont l’X, ne jouaient pas le jeu de Saclay qu’en vue des financements liés à l’Idex-.

C’est un enseignement pour l’avenir proche. Là où il n’y a pas de visibilité et de transparence, il n’y a pas d’intégration.
Il faut d’urgence que l’État se reprenne et retrouve, avec tous les partenaires, dans ce qui peut être une grande réalisation académique et politique, le sens de l’intérêt général.

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Yvan Lubraneski