Actualités — 04 octobre 2013

« Pour améliorer les rythmes de vie et de travail des enfants et des jeunes très rapidement, il faut un cadre national, décliné dans les projets éducatifs de territoire et les projets d’établissement.
Il faut (…) alléger la journée et adapter le travail scolaire aux temps favorables aux apprentissages, alterner et équilibrer dans la journée les différentes formes de regroupement, les différentes activités et disciplines, les formes de travail, garantir la pause méridienne, refuser la semaine actuelle de 4 jours et prioriser un rythme annuel alternant 7 semaines scolaires et 2 semaines complètes de vacances intermédiaires, définir un volume annuel d’heures d’enseignement. Ce cadre national doit préconiser l’articulation des temps éducatif et sociaux, leur mise en cohérence avec la coopération éducative de tous. »

La réforme des rythmes, le Sgen-Cfdt la souhaite depuis longtemps, ainsi relayée par l’appel de Bobigny de 2010 réunissant nombre d’associations complémentaires et la majorité des syndicats et syndicats d’enseignants.

Aujourd’hui, nous pensons toujours qu’une matinée supplémentaire est nécessaire et favorable aux apprentissages : meilleure attention des élèves sur des journées plus courtes.
Nous savions que pour les enseignants, ce rythme les obligerait à venir une fois de plus sur leur lieu de travail et que la journée scolaire plus courte ne raccourcirait pas vraiment la journée de l’enseignant mais nous espérions qu’elle serait moins fatigante. A cette réforme des rythmes, s’ajoute l’autre pilier de la refondation qui est la réécriture des programmes après le tollé suscité par les programmes de 2008. Ces nouveaux programmes doivent permettre une meilleure réussite des élèves.

Dix communes de l’Essonne ont appliqué ces nouveaux rythmes avec des résultats qui ne sont pas à la hauteur des espérances :

D’abord le point positif de cette réforme semble être le bénéfice de 5 matinées de travail.

Ensuite, il semble que les dysfonctionnements sont de deux ordres :

1 – Dysfonctionnements d’ordre « technique » qui pourraient être résolus en agissant sur

– Un système de périscolaire plus souple :
par exemple : la matinée du mercredi matin s’arrêtant à 10h30, il est difficile de venir chercher son enfant. Il y a la possibilité de venir à 11 h.30 (moyennant paiement), sinon l’enfant reste au centre de loisirs jusqu’à 17h. Il n’est pas souhaitable que cette demi-journée de classe s’alourdisse par une demi-journée de centre (à la charge des familles).

– Une meilleure coordination entre les services jeunesse des villes et les écoles
les enseignants ont pu bénéficier de l’apport d’intervenants sportifs mis à disposition par les municipalités. Ce travail en coopération est mis à mal car les éducateurs sportifs sont placés sur les temps périscolaires

– Un recrutement et une formation de qualité des animateurs chargés du temps d’activité scolaire.
Le contenu de certaines activités périscolaires va à l’encontre d’une démarche éducative et pédagogique comme les ateliers perles et foot. Ou bien, ils doublent l’activité d’enseignement (anglais)

– Le temps de classe de l’après-midi. Pour un temps de classe de 2 heures, la question de la récréation se pose. Sans récréation, l’après-midi est trop longue, avec récré, le temps de mise au travail est balayé par l’heure de la sonnerie.

2 – Des dysfonctionnements qui mettent en péril la réforme des rythmes avec une mise en danger des élèves et des enseignants. Ces situations existent là où les municipalités refusent le dialogue et la concertation.

– Une pause méridienne allongée sans que rien ne soit changé depuis l’année dernière (mêmes conditions d’encadrement que les années précédentes). De fait, les enfants vivent toujours en grande collectivité.

– Des salles de classe partagées sur les différents temps, ce qui pose non seulement des problèmes de dégradations du matériel et du mobilier mais aussi, ce qui est plus grave des problèmes de repères temporels, spatiaux, des règles de vie des enfants.

– La réforme mise en place dans certaines communes n’apporte pas le bienfait voulu et souhaité car les enfants vivent une très grande amplitude horaire à l’école.

– Une application uniforme des rythmes à laquelle doit être apportée des aménagements pour l’école maternelle. Les besoins des enfants n’étant pas les mêmes, on peut aboutir à des organisations différentes, principalement pour les moins de trois d’une part et les 3 à 5 ans d’autre part.

Pour l’application de cette réforme en 2014, le Sgen-Cfdt demande la rédaction et l’application d’un Plan Educatif Territorial qui rassemble l’ensemble des acteurs intervenant dans le domaine de l’éducation. La loi n’oblige pas à ce projet, mais il est le garant d’une concertation et de l’engagement des différents partenaires.

Nous savons que cette réforme coûte aux collectivités, mais la réaliser à moindres coûts n’est pas un choix judicieux pour l’avenir des enfants en particulier et de l’éducation en général. « Si vous trouvez que l’éducation coûte trop cher, essayer l’ignorance ! »

Non, seulement la réforme des rythmes doit modifier le temps d’enseignement mais elle doit aussi apporter un bien être scolaire.

 

L’équipe SGEN-CFDT

sgencfdt

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Yvan Lubraneski