Actualités — 21 mars 2013

Communiqué de presse du 18 mars 2013

 

Alors que la communication publique du livre blanc est désormais attendue pour début avril, des orientations pourraient être données par le président de la République lors du conseil de défense prévu le 19 mars prochain. Le format des armées et les capacités de défense pourraient être sacrifiés avec un budget qui passerait sous la barre des 1,3 % du PIB.
La crise financière et les besoins drastiques d’économie des dépenses publiques, pèsent sur l’élaboration du nouveau livre blanc pour la défense et la sécurité nationale.
Pour le SFED CFDT, les coupes brutales dans les budgets et les programmes, entraîneraient des pertes de compétences et de capacités irréversibles pour la défense nationale et les industries concernées. L’opération engagée en Afrique pourrait durer des mois encore, peut-être plus. Alors que nos alliés européens n’apportent qu’un soutien mesuré et que des coupes budgétaires affectent déjà une armée guettée par la vétusté, l’effort en matière de défense doit demeurer à la hauteur des ambitions de la nation pour peser à l’international. Est-il nécessaire de rappeler que les budgets des armées ont déjà servi, et même systématiquement de variable d’ajustement budgétaire au cours des vingt dernières années, alors même que la situation était beaucoup moins tendue qu’aujourd’hui.
Les pistes évoquées ces jours-ci par la presse, si elles étaient confirmées, se traduiraient pour le ministère de la défense et les groupes industriels, par des plans sociaux d’envergure, des fermetures de sites publics et privés. Plusieurs scénarios sont envisagés mais le scénario «catastrophe» serait synonyme d’un «déclassement stratégique» de la France.
A première vue improductifs, les investissements de défense jouent un rôle de premier plan dans l’économie française. A titre d’exemple, l’armée de terre assure à elle seule quelques 15 000 recrutements par an de jeunes non qualifiés, tandis que les industries de défense totalisent quant à elles 165 000 emplois directs et quasiment autant d’indirects.
Alors que selon un sondage IPSOS, deux français sur trois pensent que le budget de la Défense doit être maintenu, ces choix budgétaires consisteraient à le réduire de 30 à 20 milliards d’euros, à faire passer la part de la richesse nationale consacrée aux armées de 1,5 % 1,1% du PIB et à réduire les effectifs de plus de 50 000 hommes supplémentaires à ajouter aux 54 000 suppressions de postes déjà programmées entre 2008 et 2015…. une véritable hécatombe.
Le SFED CFDT refuse que les missions régaliennes de la Défense soient l’instrument de la calculette de Bercy.
Le SFED CFDT dénonce :
– Certaines volontés à l’oeuvre pour faire rentrer le nouveau livre blanc au chausse-pied dans un format budgétaire impossible ;
– Un déni de réalité qui remet en cause la sécurité de la nation et l’exercice même de sa souveraineté ;
– Une politique qui compromet l’avenir de nos industries de Défense et les emplois qui s’y rattachent. DCNS, NEXTER, MBDA, THALES, EADS, SAFRAN ET DASSAULT Aviation sont en première ligne.
La défense est d’abord un enjeu fondamental pour la nation : faut-il alors se laisser aller à accepter un décrochage stratégique sans précédent depuis l’après-guerre, ou à l’inverse n’est-il pas indispensable d’investir les quelques milliards qui permettront à la France d’assurer des capacités d’action crédibles et une ambition stratégique minimale ?
Le SFED-CFDT appelle l’ensemble de ces équipes à une mobilisation régionale et citoyenne afin que le Chef des Armées intègre la défense au rang des priorités nationales, comme l’éducation ou la sécurité.

*   *

*

Partager

About Author

Yvan Lubraneski