Actualités Communiqués — 06 mars 2013

Les élections au sénat académique sont une occasion unique pour la communauté scientifique de se faire entendre dans le grand chantier qu’est devenu Saclay. Il y a beaucoup à dire, à réfléchir, à délibérer.
Les gouvernements de droite et de gauche soutiennent le projet de faire de la région de Saclay un espace de recherche, d’enseignement et d’innovation.
Mais a-t-on une vision précise autre que le slogan devenu creux de « l’excellence » ? On a promis de l’argent, mais est-on capable
aujourd’hui de le dépenser de manière efficace et transparente ?
A partir de cet IDEX, il est question de construire un vaste ensemble scientifique et universitaire sous le nom d’université de Paris-Saclay s’inscrivant dans le cadre du développement de la métropole parisienne : a-t-on conscience de ce à quoi cette ambition nous oblige ?
D’un sénat académique imparfait, qui ne touche que les personnels de l’IDEX alors que les questions sont plus larges que ce périmètre, dont les listes électorales posent problème considérant la manière dont elles ont été constituées, faisons malgré tout un espace un peu plus démocratique, un lieu de parole, d’intelligence et de projets au service d’une vision humaine de la recherche et l’enseignement supérieur.
Avec la communauté scientifique, la CFDT veut poser des questions qui font avancer et obtenir des réponses précises sur l’IDEX, sur son devenir, sur ses liens avec la future université de Paris-Saclay.
D’abord, une exigence sur trois points :

 
1. Il faut que l’actuelle gouvernance de l’IDEX comme celle de la FCS évolue vers plus de transparence sur le projet de Saclay, sur ses buts et sur son organisation. Si on considère les enjeux, le niveau actuel de transparence n’est pas suffisant. On ne peut distribuer des millions dans un contexte de pauvreté de l’enseignement supérieur et de la recherche sans une large consultation de la communauté scientifique.

 
2. La remise en chantier de la gouvernance de l’ensemble du projet.
Les couches administratives nombreuses, confuses ne servent pas le développement scientifique de l’ensemble, nuisent à sa lisibilité et sont surtout l’occasion de jeux de pouvoir sans rapport avec la science.

 

3. La recherche est d’abord le fait des scientifiques et pour cela nous porterons une attention particulière à la question de l’emploi à Saclay : mise en commun, rapprochement, mutualisation sont souvent des principes positifs mais régulièrement mis en place avec des effets néfastes.
La création de postes de chercheurs et enseignants propres à l’IDEX doit être plus transparente à la fois dans le recrutement et dans la gestion. Il faut de même une réflexion vaste et calme sur tous les personnels ingénieurs concernés par l’IDEX et au-delà par l’ensemble des partenaires du projet d’université de Paris-Saclay.

 

 
En second lieu, la CFDT porte la volonté de représenter une communauté scientifique ouverte sur le monde et en particulier les universités européennes, et pas seulement les institutions anglo-saxonnes.
Il faut bâtir une communauté scientifique consciente de sa place dans la société et dans les territoires. Il faut que l’université soit un espace ouvert à toutes les formes de talents et d’innovation sans chercher à reproduire un seul modèle.
La CFDT souhaite en particulier que la question de l’enseignement ne soit pas négligée. Les étudiants sont les futurs chercheurs. Il importe alors de se demander comment on les forme, comment on les recrute, quelles conditions d’études on leur offre et comment on finance leurs projets.

 

Marie Leprêtre
Secrétaire Générale

Philippe ANTOINE
Coordinateur
enseignement supérieur et recherche
CFDT Île de France

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Yvan Lubraneski