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3 questions à Jean-Louis Malys, chef de file CFDT pour la négociation "retraites complémentaires"La deuxième séance de négociation a permis d’étudier de nouvelles projections financières et de poser les termes de la discussion.
Quels sont les enjeux de cette négociation ?
Nous savions que les régimes complémentaires allaient devenir déficitaires à terme. Les projections financières qui tiennent compte de la crise montrent que cette échéance se précise cinq ans plus tôt que prévu. Parallèlement, se pose le problème du financement des retraites complémentaires à partir de l’âge légal. Le système qui les finance, l’AGFF, n’est pas pérenne. Il nous faut donc y remédier pour assurer sa stabilité et ne pas courir le risque de basculer dans un déficit structurel de ces régimes qui, jusqu’à présent, ont été correctement gérés par les partenaires sociaux. Il est impératif pour nous de parvenir à garantir les retraites complémentaires à partir de 60 ans sans abattement. Quels sont les paramètres sur lesquels la CFDT se dit prête à discuter ? Les niveaux des cotisations et des prestations (avantages familiaux, réversion…). Nous souhaitons que l’effort soit partagé entre actifs et retraités. Lors de la deuxième séance, le 9 février, le Medef a fait une ouverture à propos des cotisations, mais il est clair que les contreparties seront difficiles et la discussion serrée. Mais avant tout, nous mettons un veto à une hausse de l’âge de la retraite qui ferait payer les salariés qui ont le plus contribué, ceux qui ont eu une longue carrière et dont l’espérance de vie est la plus faible. La CFDT a fait le choix de privilégier la durée de cotisation et non l’âge. Il n’est donc pas question que le patronat obtienne dans cette négociation ce que le gouvernement lui a refusé par la loi. Par ailleurs, nous ne pouvons pas continuer à accepter une baisse du taux de rendement qui, à terme, rendra inintéressant le système.
Pourquoi est-il si important de consolider les régimes complémentaires ?
L’Agirc et l’Arrco contribuent aujourd’hui de 40% à 60% des revenus des retraités de ces régimes. On ne peut donc pas laisser se dégrader le taux de remplacement pour les futurs retraités. Ce régime par points doit donc être consolidé. Peut-on aujourd’hui envisager une baisse des retraites et envoyer un tel signal dans le contexte de crise alors qu’il faudrait au contraire développer la consommation ? De plus, les options que nous prendrons seront déterminantes pour le système global dès que l’on rediscutera du régime général lors d’un prochain Rendez-vous des retraites. Enfin, imaginer que chaque régime se sauvera indépendamment l’un de l’autre est illusoire et dangereux. Au contraire d’une sécession, il faut renforcer la solidarité entre l’Agirc et l’Arrco. C’est en fait une fausse solution comme l’est, à notre avis, un élargissement de l’assiette des cotisations à l’intéressement et à la participation. Cela ne constitue pas des ressources garanties et ne résout pas à terme la situation financière. Propos recueillis par Philippe Réau Philippe REAU
12/02/2009
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